J'avais promis d'autres recettes de Noël.
La confection de bredla (bredala, bredele…) est une tradition vivace dans les foyers alsaciens. Ce nom dérivé du terme Brot ( pain) est un diminutif (petits pains). En fait le nom complet est Wihnachtsbredla, c'est-à-dire petits pains de Noël.
Autrefois, on réalisait une variété de bredla par jour entre le 1er et le 24 décembre. Cette tradition est sans doute à relier à un fait très prosaïque : les petits gâteaux étaient cuits dans la cuisinière à bois, en fin de journée quand on pouvait baisser le feu. Et bien sûr quand le travail de la journée "normale" était terminé.
Théoriquement, on ne les goûte pas avant le 24 au soir… Qui est capable de respecter cette règle ? Peu de cuisinières ! Et surtout pas les enfants qui ont droit aux "ratés"...
Il semble que la tradition de ces petits gâteaux remonterait au moins à l'époque romaine ou celtique. Découpés au départ, au couteau en carrés, rectangles ou losanges, ils le sont souvent aujourd'hui avec ces emporte-pièces qui prennent toutes les formes imaginables. Durant les siècles passés, ils étaient souvent découpés en forme d'étoiles, pouvaient garnir le sapin mais étaient surtout destinés à être offerts pour Noël.
On trouve un nombre incalculable de publications mais on est, en général, très fier d'utiliser une recette familiale ou celle qu'une amie vous a confiée. Toutefois, jamais, je n'ai réussi à réaliser des bredla identiques à ceux de ma belle-mère ! La cuisson au feu de bois ? La rigueur de la pesée ? Le petit truc personnel ?
Les anethsbredla, gâteaux à l'anis, en sont un parfait exemple. Ils n'avaient, chez elle, pas toujours le même aspect. La taille des œufs est essentielle, ce qui explique que les professionnels parlent du pods des œufs utilisés et non du nombre. Parfois ils étaient petits et épais, d'autres fois étalés et très plats mais TOUJOURS ils avaient ce socle doré et le "chapeau" presque blanc. J'ai mis des années, malgré les explications fournies, à les réussir régulièrement.
Deux points sont fondamentaux : battre le mélange œufs + sucre pendant un bon quart d'heure. Ouf, le robot fait cela très bien !
Le deuxième point est le séchage : ils doivent sonner creux avant d'être cuits. Pour cela, il faut une certaine chaleur et surtout aucune humidité dans l'air. Cela explique pourquoi ils étaient bannis de la cuisine pour le séchage et, mieux, ils étaient posés sur le haut du Kachelofa (le poêle en faïence), éteint en fin de journée.
Si l'on veut une forme régulière, il vaut mieux utiliser une poche à douille. Pour ma part, je préfère les préparer avec 2 petites cuillères : on récupère la totalité de la pâte et on évite, soit de jeter une poche plastique, soit de gâcher l'eau pour le nettoyage de celle en tissu ou en silicone !
Voici la recette, elle est simple.
Ingrédients
250 g de sucre
3 oeufs
250 g de farine
2 cc d'anis
Préparation
Mettre le sucre et les oeufs dans un saladier. Battre 20 minutes pour obtenir un mélange mousseux blanc. Thermomix avec le fouet : 15 mn T°37° V4
Ajouter l'anis puis la farine tamisée 30 sec/vit 3
Déposer de petits tas sur une plaque recouverte de papier de cuisson. Laisser sécher toute la nuit dans une pièce tempérée et sèche.
Préchauffer le four à 150 ° puis faire cuire 12 à 15 mn.