Le printemps et le début de l'été nous offrent un éventail de couleurs plus riche que les autres périodes de l'année. Je suis toujours un peu déçue quand vient le plein été. Les jonquilles, les tulipes, les ficaires et autres fleurettes sont passées depuis longtemps mais le jaune reste bien présent.
En forêt, près des lisières, les genêts sont en pleine floraison : le petit genêt des teinturiers se développe sur les talus exposés au soleil.
Les grands genêts à balais forment des massifs resplendissants et, par endroits, étouffent les prairies qui ne sont plus fauchées ou pâturées.
Autrefois, on nous disait que les fleurs abritaient les fameuses tiques que nous avons appris à craindre depuis plus de 20 ans. La maladie de Lyme fait tant de sérieux dégâts chez les personnes atteintes...
Les jaunes très pâles sont fréquents. Le carex présente des touffes d'étamines dont le pollen est allergisant.
Les euphorbes petit-cyprès, au jaune acidulé, envahissent certains prés.
En lisière, les lamiers jaunes relaient les lamiers blancs du plein soleil.
Même les conifères nous offrent des nuances de jaune : les inflorescences de pin ont été très importantes ce printemps.
Les délicieuses petites pousses de sapin, bourrées de vitamines, sont à peine légèrement vertes au début de leur croissance. J'ai découvert cette année que les pousses d'épicéa ont un goût acide et résineux plutôt agressif !
C'est une couleur que j'utilise très peu, et encore presque toujours dans des versions orangées. J'ai eu du mal à trouver un exemple dans mes ouvrages. Il s'agit ici d'un panneau réalisé lors d'un stage avec
Mariana Frühauf.
J'étais arrivée avec en tête les images du Sahel aperçues depuis le ciel et j'avais choisi des tissus teints à la main pour rendre la variété de nuances de ces paysages. De plus, les couleurs correspondent parfaitement à celles des images satellitales des régions désertiques sur lesquelles je travaillais à l'époque.
En revoyant les couleurs de mon petit panneau, j'ai repensé à une série de photos réalisées en 2000, au Zénith de Bruxelles, très loin de la scène. Il s'agissait du dernier spectacle de Maurice Béjart que je tenais absolument à voir !