vendredi 21 juin 2019

Promenade sous des ciels menaçants

Le temps reste lourd et orageux. Les gros nuages gris traversent le ciel, révélant parfois des zones bleu intense.
 Les champs d'orge mûrissent alors que le maïs ne dépasse guère une trentaine de cm.
 Le vent, par moments violent, se joue de la souplesse des tiges alourdies par les épis et leurs barbes allongées.
Pendant ce temps, une douzaine de colverts adultes - et absolument aucun caneton- se reposent le long de la berge.

Tempête sur Strasbourg

Quelle tristesse. Et heureusement pas de victime contrairement à ce qui s'était passé en juillet 2001 où 13 personnes avaient trouvé la mort dans la chute d'un platane centenaire.
PHOTOS DNA - Cedric JOUBERT


"Deux arbres couchés. Complètement déracinés. Ce jeudi matin place de la République à Strasbourg, les riverains découvrent un spectacle de désolation. Les deux hêtres, l'un pourpre et l'autre Asplenifolia, n'ont pas survécu à l'épisode orageux qui s'est abattu sur Strasbourg dans la nuit de mercredi 19 à jeudi 20 juin.

Les deux arbres, plantés en 1885, avaient été offerts au Kaiser lors du réaménagement de la place. Ce jeudi matin, les opérations de débitage ont démarré. Il faut pouvoir sécuriser le site et évacuer branchages et bois avant demain soir, pour la fête de la musique."

Le parc de la place de la République avait été aménagé lors de la construction de la "Neustadt", le quartier impérial. Une partie de ces quartiers est inscrite par l'Unesco, au patrimoine mondial de l'humanité, depuis 2017.
Cette place offre un espace de repos, en particulier aux étudiants qui fréquentent la BNU voisine. Les gingkos avec leurs feuilles dorées à l'automne, les magnolias et ces fameux hêtres en font le charme. Parfois, les pelouses accueillent même des cours de qi gong…

mercredi 12 juin 2019

Des ciels bleus, des eaux bleues en Islande

Les ciels changent sans arrêt. On dit en Islande : si le temps ne te convient pas, attends 5 mn...
Myvatn
Souvent ciel et eau se confondraient s'il n'y avait pas la terre qui les sépare.
Bleu intense…
ou presque turquoise…
Ciel presque blanc mais des eaux très bleues… Le lac de Myvatn est très peu profond, les radiations bleues sont donc peu absorbées.
A moins que la mer ne soit bleu-gris...


Il est plus de 22 h au lagon de Myvatn, le ciel est gris, mais ce qu'on ne devine pas, c'est que l'eau est bleu laiteux, très pâle, à cause des sels minéraux présents dans ces eaux d'origine volcanique.
Les plus beaux bleus, je les ai vus à Geysir - oui, le site dont les geysers tirent leur nom- où les minéraux volcaniques qui se déposent sur le fond donnent à certains écoulements un bleu presque outremer !


mardi 11 juin 2019

Bleu, vraiment bleu ?

En approchant de la côte est de l'Islande, une couleur étrange apparaît au loin sur les flancs de la montagne. Du bleu ? Rien, à voir avec ces extraordinaires ciels que l'on voit dès qu'il y a du soleil. Non, un bleu-violet ? Vu de près, ces tapis se révèlent formés par des forêts de lupins ! 

Ces lupins ont des inflorescences vraiment bleues, avec à peine un soupçon de violet.

Les lupins et l'Islande, c'est toute une histoire. Du fait de ses nombreux sols volcaniques dénudés et donc soumis à une forte érosion, les Islandais ont tenté d'introduire des plantes qui fixeraient ces sols. Le lupin d'Alaska.(Lupinus nootkatensis)  en est un exemple caractéristique. Sur ces sols fertiles, il s'est bien implanté  sur les pentes mais il a essaimé partout où les conditions climatiques le permettaient. Dans la région de Vik, au sud de l'île, ce sont des champs entiers où les oiseaux trouvent certes refuge mais qui étouffent toute la végétation locale. S'il existe certains lupins "doux" dont les graines, riches en protéines, sont comestibles et dont le feuillage peut servir de fourrage, la plupart des lupins "amers" sont riches en alcaloïdes et donc très toxiques, en particulier, leurs graines.

Couleur : violet ou bleu ?

Du vrai violet pour ce pétale d'iris ou certains pieds de pensées des Alpes qui sont fréquentes dans les Vosges.
Si je n'ai eu cette année que 2 lupins, un violet et un rose, les ancolies par contre ont été surabondantes : du blanc-rosé au pourpre, en passant par toutes sortes de nuances de bleu violacé, elles ont formé des parterres fabuleux !
Pour peu qu'on y prête attention, le rose apparaît sur certains pétales.
Bleu ou violet ?
 Les minuscules polygales qui se développent dans les prairies assez sèches ont eux aussi des couleurs qui varient du bleu outre-mer au violet. Il faut bien les chercher entre les herbes car elles sont relativement couchées.
Polygala alpestris, Polygale alpestre, voisin de P. vulgaris mais à inflorescence plus courte et dont la longueur des feuilles augmente de la base vers le sommet, est une espèce présente dans le Jura, les Alpes, les Pyrénées et les Vosges où elle est très rare. 
Nine Patch (2005) dont les bordures ont été réalisées avec un batik africain artisanal. Là, sans hésiter, nous avons choisi du violet franc !

Juste un peu de cuisine...

...avec d'abord une déception : on lit un peu partout que les jeunes crosses de fougère-aigle sont excellentes consommées comme des asperges. Depuis des années, je me promets d'essayer et là, c'était le bon moment. Les crosses commençaient à peine à se dérouler, j'en ai donc cueilli un bouquet, en veillant à n'en prendre que 2-3 par pied bien que je sache qu'elles sont désespérément envahissantes pour les prairies de montagne. Comme elles sont toxiques crues, on recommande de bien les blanchir puis de les cuire comme des asperges. Elles sont fibreuses et la mayonnaise n'arrive pas à masquer leur absence de goût... Peut-être ont-elles été trop bouillies ?

Le fabuleux livre de Simone Morgenthaler et du chef Hubert Maetz ne les évoque même pas.
Quant à celui de Daniel Zenner, il lui consacre 2 pages et conseille de ne les utiliser qu'à "dose homéopathique" !

Par contre, surprise agréable : mes choux kale de Sibérie font des jets très tendres que nous avons mangés à plusieurs reprises avec de la mayonnaise. Ce chou est assez tardif mais nous a donné des feuilles tout l'hiver puis les jets au printemps. Pour le moment je laisse monter 2 pieds à graines.
Pour terminer, changeons de couleur : les fraises mûrissent enfin chez nous, alors c'est le temps des coulis et surtout du gâteau nuage inspiré de Chic chic, chocolat mais pas mal modifié.
Pas de cuisson de socle, simplement des spéculoos ou, comme hier, des meringues émiettées et surtout, infiniment moins de sucre : 60 g nous semblent largement suffisants.
Tout le monde le réclame, ce gâteau, et s'il y a trop de mousse avec 2 blancs d'oeuf et 250 g de fraises, il restera de quoi préparer des verrines !


jeudi 6 juin 2019

Couleur : un peu de vert

Une couleur avec laquelle j'ai un peu de mal, à moins qu'il s'agisse de verts très doux. Sauf dans la nature…
Les feuilles flottantes de nénuphars se sont ouvertes très rapidement au cours des derniers jours. Leur déroulement donne naissance à des formes particulièrement intéressantes.
Les premiers boutons ont jailli hors de l'eau, portant à la surface leurs minuscules sphères légèrement aplaties.
 Les premiers bourgeons ont éclos en fin de semaine passée.
 La pluie magnifie certains verts. Lupins et ancolies retiennent un moment les gouttes d'eau.
 Une étrange germination à trois cotylédons (un hêtre mutant ?) a attiré mon regard. 3 cotylédons c'est déjà bizarre mais avec ce réseau blanc cela semble vraiment surprenant !
 Une autre curiosité inexpliquée : en quelques endroits très précis, aussi loin que remontent nos souvenirs, certaines petites clairières restent libres de tout arbuste. Il ne pousse que de la belle herbe verte très fine que les cerfs et les chevreuils dédaignent absolument. Même les sangliers ne vont pas bouleverser ces enclaves. Mauvais sol, mauvais Qi ? Bizarre…
J'oubliais le vert métallique de la cétoine !

Pour finir, un peu de vert que je tolère dans mes tissus : des papillons inspirés de Bernadette Mayr, pour un début de baby quilt. Et en dehors de cela…. pas grand-chose.
En cherchant très loin, des verts plutôt turquoise quand les enfants étaient petits…


Couleur : JAUNE


Le printemps et le début de l'été nous offrent un éventail de couleurs plus riche que les autres périodes de l'année. Je suis toujours un peu déçue quand vient le plein été. Les jonquilles, les tulipes, les ficaires et autres fleurettes sont passées depuis longtemps mais le jaune reste bien présent.
En forêt, près des lisières, les genêts sont en pleine floraison : le petit genêt des teinturiers se développe sur les talus exposés au soleil.
Les grands genêts à balais forment des massifs resplendissants et, par endroits, étouffent les prairies qui ne sont plus fauchées ou pâturées.
Autrefois, on nous disait que les fleurs abritaient les fameuses tiques que nous avons appris à craindre depuis plus de 20 ans. La maladie de Lyme fait tant de sérieux dégâts chez les personnes atteintes...
 Les jaunes très pâles sont fréquents. Le carex présente des touffes d'étamines dont le pollen est allergisant.
 Les euphorbes petit-cyprès, au jaune acidulé, envahissent certains prés.
En lisière, les lamiers jaunes relaient les lamiers blancs du plein soleil.
 Même les conifères nous offrent des nuances de jaune : les inflorescences de pin ont été très importantes ce printemps.
Les délicieuses petites pousses de sapin, bourrées de vitamines, sont à peine légèrement vertes au début de leur croissance. J'ai découvert cette année que les pousses d'épicéa ont un goût acide et résineux plutôt agressif !
C'est une couleur que j'utilise très peu, et encore presque toujours dans des versions orangées. J'ai eu du mal à trouver un exemple dans mes ouvrages. Il s'agit ici d'un panneau réalisé lors d'un stage avec Mariana Frühauf.
J'étais arrivée avec en tête les images du Sahel aperçues depuis le ciel et j'avais choisi des tissus teints à la main pour rendre la variété de nuances de ces paysages. De plus, les couleurs correspondent parfaitement à celles des images satellitales des régions désertiques sur lesquelles je travaillais à l'époque.
En revoyant les couleurs de mon petit panneau, j'ai repensé à une série de photos réalisées en 2000, au Zénith de Bruxelles, très loin de la scène. Il s'agissait du dernier spectacle de Maurice Béjart que je tenais absolument à voir !