vendredi 29 novembre 2019

Photos et pixels

On peut se demander pourquoi on peut obtenir des images de qualité apparemment proches en compressant les images. Pour cela, il est nécessaire de connaitre la nature d'une image photographique numérique.
Zoomons sur une photographie.
 Voici les poils de la tête du bourdon. Au grossissement utilisé (x5) on voit que l'image est pixellisée. On devine les points élémentaires de la photo.
 Un détail de l'aile au grossissement x15 confirme cette nature pixellisée d'une photo. On trouve ici la trame des unités photosensibles du capteur de l'appareil photo.
Pour restituer cette image, un écran d'ordinateur ou de télévision utilise également des unités élémentaires de couleur. Là où en imprimerie on exploite trois couleurs élémentaires, jaune, magenta et cyan, avec généralement en plus des pigments noirs, les écrans se basent sur le système RVB : rouge, vert et bleu. De façon surprenante, notre cerveau qui reçoit ces trois types d'ondes depuis notre rétine les combine pour donner naissance aux couleurs que nous voyons. Ce qui dans l'image précédente nous apparaît comme une combinaison de pixels jaunes, orange, brun, verdâtres, etc. est en réalité dû à des pixels de l'écran, infiniment plus petits, rouges, verts et bleus, à l'image du quadrillage suivant.
Ce que notre cerveau interprète comme une image est en fait un fichier texte décrivant la succession des pixels. En voici le principe de base :
ligne 1 bleu bleu rouge rouge rouge vert vert bleu bleu rouge vert vert rouge bleu rouge rouge rouge rouge
ligne 2 vert vert vert rouge vert bleu etc.

C'est bien ainsi que travaille un capteur d'appareil photo en format originel même si, à l'enregistrement, le fichier est en général simplifié par cet ordinateur fabuleux qu'est l'appareil photo numérique. On voit que décrire ainsi un fichier (avec bien sûr un langage informatique plus efficace) est simple mais très long.

Si on réduit la taille de l'image, par exemple de moitié pour chaque côté, elle va se dégrader car le principe consiste à supprimer 1 ligne sur 2 et 1colonne sur 2. On perd donc de l'information. 

Par contre un système de compression assez faible peut ne faire perdre aucune qualité en décrivant par ligne des groupes de pixels. 
Exemple :
Ligne 1    2 bleu 3 rouge 2 vert 2 bleu 1 rouge 2 vert 1 rouge 1 bleu 4 rouge
Ligne 2    3 vert 1 rouge 1 vert 1 bleu etc.

Inutile de préciser que pour des compressions plus élevées, les informaticiens ont trouvé des algoritmes encore plus efficaces mais qui, pour les compressions plus élevées, font perdre des informations. Toutefois nos yeux et notre cerveau n'y sont souvent pas sensibles. Notre rétine fonctionne d'ailleurs d'une certaine façon comme un capteur comprenant des unités élémentaires qui, chez nous, sont constituées par des cellules photosensibles de quatre types : cellules à bâtonnets sensibles à l'intensité lumineuse, cellules à cônes sensibles au rouge, au vert ou au bleu. J'en reparlerai sans doute un jour.


jeudi 28 novembre 2019

Surfez plus vert

Je viens de relire un intéressant article de 60 millions de consommateurs (mai 2019) qui nous rappelle que la dématérialisation ne veut pas dire économie d'énergie. Tout le monde le sait mais ignore à quel point nos pratiques sont énergivores.

Combien de fois "répondons" nous, en renvoyant sur les serveurs le contenu de tous les messages précédents ? Combien de fois répondons nous "à tous" sans grande utilité ?
Que penser des milliers de mails qui encombrent nos boîtes mails sur le serveur ? Ces serveurs s'encombrent et doivent être remplacés par des serveurs encore plus grands, encore plus énergivores. Et nous oublions souvent que mettre les mails à la corbeille sur le serveur ne change rien. Ils sont toujours là. Il faut vider la corbeille comme on vide celle de notre ordinateur ou notre corbeille à papier...

Mais parlons image, photo.
Une photo de smartphone pèse à peu près 1 à 3 Mo (mégaoctets). Celle d'un appareil photo moyen peut varier entre 2-3 Mo et une quinzaine de Mo alors qu'un texte, même long correspond à quelques dizaines de Ko (Kilo-octets = à peu près un millième de Mo). Une thèse de doctorat, sans illustrations se limite à quelques centaines de Ko. Texte et image, un monde vraiment différent.

Quel est l'objectif du transfert d'une photo ? Veut on faire imprimer cette image au format affiche ? Alors là, oui, on a besoin d'une très grande précision. Même pour un livre ou une revue, les imprimeurs attendent un poids élevé de fichier. Pour faire une tirage classique, au format 9 x 13 cm, par exemple, 500 Ko suffisent largement.

Et à l'écran ?
Je n'évoque pas les différents formats de fichiers images (RAW, TIFF, etc.) car la plupart des appareils photos et smartphones utilisent un format compressé, le format jpg.

Voici une comparaison d'extraits d'une photo. La photo d'origine pèse 8 Mo donc 8000 Ko. Je ne l'ai  bien sûr pas mise en ligne au format d'origine, fichier trop gourmand en énergie, à la fois pour le transfert et le stockage.
Première possibilité : on peut demander de réduire la taille de l'image. Diviser le côté de l'image par 2, divise par 4 sa surface et donc le nombre de pixels (points élémentaires de l'image) et, par conséquent, son poids.

Deuxième possibilité : recadrer l'image pour ne retenir vraiment que la partie intéressante, ce qui souvent augmente l'intérêt de la photo.
On perd donc déjà les 3/4 de la surface de l'image, fond inintéressant mais il était impossible de zoomer davantage ou d'approcher plus près du sujet. Poids de l'image 1,94 Mo.

Troisième possibilité : compresser l'image en la sauvegardant.
Taux de compression 20 - 433 Ko
 Taux de compression 50, poids 46 Ko
Taux de compression 90, poids 13 Ko.
La différence de qualité justifie-t-elle vraiment le fait de mettre en ligne ou d'envoyer dans un mail une photo non compressée ?

La combinaison des possibilités permet de réduire de façon fantastique le poids de l'image et donc aussi du transfert des documents joints et de l'encombrement des serveurs.
La plupart des logiciels de traitement d'images offrent cette possibilité et il y a des gratuits qui font très bien cela ! Photofiltre en est un très bon exemple.





mardi 26 novembre 2019

Un rapace vorace

Emoi dans le quartier, un rapace a tué une poule chez la voisine en allant la chercher à l'intérieur du poulailler et il en a gravement blessé une deuxième. Maintenant son enclos est complètement couvert par un filet.
La protection semble être  efficace puisque le lendemain, c'est à la ferme qu'il est en train de dévorer une poule quand la propriétaire arrive ! Seulement l'enclos comprend un très grand cognassier aux branches ramifiées et  , effrayé, l'autour ne trouve plus la sortie, se cognant aux 4 coins contre le grillage.
 La nuit tombante, l'ombre de l'arbre et le grillage font que mon téléphone n'a pas permis de faire une photo acceptable !
Brusquement, il a fini par trouver une trouée et s'est envolé juste à côté de moi. Impressionnant de puissance, cet oiseau, sans doute une femelle au vu de sa grande taille.
J'ai suggéré de tendre des fils au-dessus de l'enclos pour compliquer l'entrée. La mésaventure d'hier n'a pas découragé l'autour : l'oiseau est revenu à la charge ce matin mais les rubalises tendus par-dessus le grillage, bien que trop écartés, l'ont suffisamment perturbé pour qu'après plusieurs essais, séparés par des moments de guet sur les branches d'arbres voisins, il renonce et reparte vers la forêt.
En général, nous avons surtout des buses chez nous mais là, indiscutablement, il s'agit d'un oiseau rapide, à longue queue en éventail, qui vire très facilement entre les branches, un autour des palombes.
Espérons qu'à l'avenir il se tourne davantage vers les geais qui pullulent en forêt et qui représentent l'une des proies typiques qu'il peut capturer en plein vol.
Au cours d'une promenade, un ami a même vu tomber la tête d'un pigeon et un peu plus loin, le corps qui a échappé à l'autour!

jeudi 21 novembre 2019

Une histoire d'étoiles

Les étoiles créatives de Katell Renon sont bien présentées sur son blog. C'est à partir de ses explications, que je m'étais lancée dans la création de quelques blocs, avec plusieurs idées dans la tête : des étoiles à branches très pointues, des couleurs  du spectre lumineux très variées et un fond bleu nuit.
Des étoiles, un peu dans l'esprit de celles vues lors d'un marché de Noël à Cologne.
Autre source, cette étoile vue à Reykjavik, sur la marche d'un magasin.
La gamme de tissus, je l'avais déjà, sous forme d'un ensemble d'échantillons. Le fond bleu était également dans mes réserves.
La trop grande liberté m'a posé quelques petits problèmes mais très  vite 6 blocs ont pris naissance et sont restés à l'abandon pendant tout l'été.
L'assemblage des blocs s'est fait sans mal et puis, au moment de repasser les bandes de bordure, catastrophe. Fer trop chaud ? Plus d'eau ? Je ne sais pas ce qui s'est passé car le repassage des blocs n'avait pas posé problème. Et puis j'étais sûre d'avoir du coton. J'évite les synthétiques mais là, pas de doute, jamais un coton n'aurait fondu comme cela.

Pour refaire les bordures, pas trop de problèmes : il m'a suffi de raccorder trois pièces pour avoir la bonne longueur, mais pas la bonne largeur. Tant pis ! Par contre le bloc avait été fragilisé et il a fallu supprimer quelques mm. Après la couture, des pointes étaient donc coupées.
Abandonner ? Tout balancer dans un coin ? Ce n'était pas le moment, mais je ne voulais pas gâcher de molleton. J'ai donc raccordé des chutes et préparé mon sandwich en épinglant les couches. Un sommaire quilting à la machine est venu les fixer.
Et maintenant qu'en faire ? Avec tous ses défauts, il me déplaisait profondément mais je n'avais pas envie de le laisser en plan. J'aurais eu du mal à reprendre autre chose.
C'est encore Beebook qui m'a sauvée : utiliser du coton perlé pour quilter.
Des cotons perlés fins, j'avais de quoi faire entre ceux de la famille, ceux des marchés aux puces et les unis de la grange à laine. Mais ce sont surtout les fils variables qui m'intéressaient. Ils pourraient faire scintiller les étoiles et illuminer les bordures.
Et dès le début, nouvelle catastrophe, je ne vois plus assez bien pour suivre l'aiguille qui pique le tissu. Découdre, recommencer, redécoudre… Il fallait franchir un pas de plus, accepter que ma maladie rétinienne me handicape, m'interdit la régularité mais tant pis ! Après mes plus de 40 ans de patchwork, je découvre le plaisir du quilting. Jusqu'à présent, avant que je n'utilise la machine à coudre, c'était la corvée incontournable et là, j'apprécie.
Maintenant que mettre dans les carrés unis ? Je voulais accentuer l'aspect délirant de mes étoiles et y tracer des astres irréguliers. Me voyant un peu perplexe, mon petit fils m'a proposé de me les tracer.
Avec leur quilting bleu, ces astres peu lumineux semblent lointains.

Restent encore les bordures. La première, la plus étroite n'est quiltée que par 3 lignes parallèles. Après tout, la lumière se propage en ligne droite !

La deuxième reprend les pointes des étoiles. Ce sont 3 lignes qui ornent cette bordure. Les lignes scintillent sur le fond bleu et le fait de les dédoubler accentue cette impression. 
La troisième évoque la nature ondulatoire de la lumière. On ne renie pas des décennies d'études et de travail...
Quant à la dernière ? Je ne sais pas encore. Peut-être un graphe correspondant au spectre de Sirius ou Proxima du Centaure, l'étoile la plus proche de notre soleil ?
http://www.lecosmographe.com/blog/proxima-centauri-photo-hubble/
Je ne suis pas encore très fixée...



C'est la fin de la saison des champignons

 Presque tous les champignons rencontrés sont vieux et décomposés. Sous les feuilles mortes percent à peine une amanite tue-mouche mais pas mal de ces amanites à écailles.
Par contre, sous les conifères se sont développés de vrais champs de tout petits champignons blancs à lamelles.
Ils sont à peine plus grands que les aiguilles de pins qui jonchent le sous-bois.

C'est en vain que j'ai cherché des petits gris, d'habitude blottis sous les feuilles mortes et les mousses.
Etranges, ces cycles de vie des champignons. On dirait vraiment que certaines espèces ne se développent qu'à des écarts de plusieurs années.




Couleurs d'automne

Quelques géraniums ont résisté mais la brume tenace est présente tous les jours, même après des gelées blanches qui ont détruit capucines et œillets d'Inde.

En forêt, les feuilles ne crissent plus sous nos pieds, l'humidité les imbibent. Les couleurs sont éclatantes quand un rayon de soleil perce à travers la brume.
Les hêtres ont cette année une parure dorée un peu surprenante. On a davantage l'habitude de voir les mélèzes arborer de telles nuances.
Sur les sommets, un peu de neige couvre le sol. Plus bas, s'il y avait des flocons, ils fondaient en touchant les prés.

vendredi 8 novembre 2019

Des couleurs

CRAYONS DE COULEUR 
Le vert pour les pommes et les prairies,
Le jaune pour le soleil et les canaris,
Le rouge pour les fraises et le feu,
Le noir pour la nuit et les corbeaux
Le gris pour les ânes et les nuages,
Le bleu pour la mer et le ciel
Et toutes les couleurs pour colorier
Le monde
 Chantal Couliou

et des réécritures par des enfants
Valentin
Le vert pour les iguanes et les roseaux,
Le jaune pour les iris et les têtards,
Le rouge pour les cerises et les tomates,
Le noir pour les corbeaux et les fourmis,
Le gris pour les éperviers et les dauphins,
Le bleu pour les paons et l’eau,
Et toutes les couleurs pour colorier la planète

Violette
Le vert pour les tiges des fleurs et l’herbe
Le jaune pour la tondeuse et le tuyau,
Le rouge pour les cerises et la balançoire,
Le noir pour les roues de la voiture et pour les sièges de la voiture,
Le gris pour les gouttières et la moto,
Le bleu pour les fleurs et les fenêtres,
Et toutes les couleurs pour colorier et c’est pour toi
Il y en a bien d'autres encore...

Tout cela, parce que je cherchais dans mon ordinateur une photo d'une oeuvre d'Anita Leutwiler, une fabuleuse quilteuse et auteure inventive. Et qu'il y a dans la même revue un dossier sur les couleurs (Les Nouvelles n°101, juin 2009). Je venais de lire l'article de Katell sur le Tie and Dye, je ne pouvais donc résister à l'envie de ressortir une de mes photos faite à Lomé où l'artisane nouait le tissu autour de petits coquillages.


 Un indigo de là-bas dont une couturière de Sokodé m'a fait un ensemble.

mercredi 6 novembre 2019

Toujours des champignons

Une nouvelle cueillette photographique...
L'image ressemble beaucoup à celle de la semaine passée et pourtant l'impression ressentie en forêt est totalement différente. Très peu d'amanites sont en train d'éclore, beaucoup ont perdu leur couleur vive et sont même parfois jaune pâle. C'est pourtant toujours un plaisir de les découvrir.
 Du rouge vif, à l'orange pâle,
voire même au brunâtre pour celui-ci, vu la semaine passée dans toute sa splendeur.
 Blottis sous les conifères, bien à l'ombre, il reste encore quelques merveilles.

Rares sont toutefois les très belles amanites tue-mouches.