vendredi 31 janvier 2020

Encore une histoire d'arbres

En quelques endroits, les pins qui s'étaient développés dans les années 50 ont tendance à disparaître en moyenne montagne et les bouleaux prennent le relais, offrant à la fois le spectacle de leurs écorces nacrées et les attendrissantes jeunes feuilles que je goûte tous les printemps. On dit que ce sont des concentrés de vitamines.
En forêt, je touche très souvent l'écorce des arbres, parfois même, suivant les conseils de nos professeurs de qi gong, j'en enlace un pour tenter de me fondre dans son énergie.
Dimanche, je pensais à autre chose : la montée de sève dans les bouleaux que quelques personnes recueillent même chez nous. On raconte qu'on entend un bruissement sourd dû à cette montée.
Et une découverte bizarre : les bouleaux d'une vingtaine de cm de diamètre avaient une écorce humide, vraiment humide, alors que les arbres plus fins étaient parfaitement secs, quelque soit leur position. Au soleil ou à l'ombre, en haut du talus ou en bas, tous étaient secs, comme d'ailleurs toutes les autres essences.
Explication ???

Crépuscule au bord de l'eau

Le spectacle était autant dans le ciel que sur l'eau.
 Le soleil, à l'ouest, se cachait parfois derrière les nuages et, à quelques minutes d'intervalle, les couleurs changeaient totalement, alors que les nuages au sud avaient à peine le temps de se modifier.

Sur l'eau immobile, les reflets provoquaient des instants magiques.
 Chaque coup de vent, toutefois, cassait les reflets des arbres, induisant des vibrations jusque sur l'image du cou du cygne.

Peu de monde sur l'eau : à peine quelques colverts, le cygne, deux foulques et une poule d'eau.
 Même les ouettes (ou oie d'Egypte) manquaient. Et pourtant, la semaine passée, le couple se promenait, paraît-il, avec sa nichée.
 Si l'on prête attention à la tête des mouettes toujours présentes, on devine quelques taches noires qui vont bientôt se transformer en masque de pariade.

mercredi 29 janvier 2020

Le chêne Voltaire

Un ami vient de me transmettre des renseignements et des documents complémentaires qui répondent à certaines questions que je me posais la semaine passée.
D'abord, le chêne Voltaire que je connaissais : son âge a été estimé à plus de 150 ans quand il a été coupé le 23 mars 2016. On est donc très loin de l'affirmation du document cité auparavant et cela semble infiniment plus vraisemblable !
Bulletin communal de Luttenbach 2016 page 8



.Oui, bien sûr, son tronc était en triste état !

Mais revenons au "vrai" chêne Voltaire dont on raconte non seulement que Voltaire se serait abrité en-dessous, mais aussi qu'il se serait caché à l'intérieur du tronc pour fuir la police qui le soupçonnait d'être un espion...
Ce dessin est issu d'un autre bulletin communal de Luttenbach près Munster (2002), document non numérisé à l'heure actuelle. Cet arbre se trouvait près d'un étang de pêche actuel et près de l'hôtel qui a pris son nom, "Au chêne Voltaire".

Premières fleurs

Dans les endroits ombragés, très timidement, sous leur abri de feuilles mortes -hélas, ils n'ont pas de neige à traverser- les perce-neige  (Galanthus nivalis) pointent.
 Sous le magnolia, exposé au sud, ce sont déjà des massifs qui se sont formés. Par contre, très bizarrement, en plaine, je n'en vois pas un seul...
Un peu plus loin, l'autre variété qui fait penser aux nivéoles (Leucojum) est plus avancée. Contrairement à ce que j'ai longtemps pensé, ce ne sont pas des nivéoles. Leurs pétales sont plus courts que les sépales (on devrait dire tépales car ils sont colorés) et la petite tache verte est portée par les pétales. D'autre part, ces perce-neige sont nettement plus petits que les nivéoles que je cueillais dans mon enfance.
Si les jasmins d'hiver sont en pleine floraison, j'ai tout de même vu quelques fleurs de forsythias en train de s'épanouir.

vendredi 24 janvier 2020

Un ouvrage de longue haleine

Avant que je ne connaisse Beebook et les fins utiles, j'avais trouvé dommage de jeter mes petites chutes qui se sont accumulées pendant des années, depuis les restes de patchwork, les robes des filles ou autre habit jusqu'à des vêtements usés. C'est ainsi qu'un tablier que je portais en tant que robe de grossesse a fourni des éléments, hélas fort fragiles comme cela s'est révélé dans un patch cousu il y a une quinzaine d'années et dont 4 triangles devraient vraiment être remplacés, tellement ce tissu que j'adore s'est usé...
Voyant mon sac à chutes gonfler, j'ai commencé par assembler les morceaux comme ils venaient après un première expérience réalisée avec l'équipe de rédaction des Nouvelles, il y a fort longtemps.
Lentement, les éléments ont pris forme. J'y ai découpé des carrés et des rectangles. Quelques bandes plus grandes ont permis d'assembler tout cela en un top assez important. Il s'agit, en ce moment de le quilter à la main. Simplement, entre temps, mes problèmes rétiniens ont compliqué la chose mais la super lampe-loupe m'aide bien !

Les osieaux me posent problème

Avec l'arrivée d'un froid assez intense (encore -5° à 9h ce matin), j'ai choisi de redonner des boules de graisse pour les mésanges et autres petits passereaux.
 Malheureusement, malgré mes précautions, de plus gros oiseaux s'y intéressent de nouveau. Un geai s'est même acharné de façon rageuse (???) sur une boule, jusqu'à l'arracher et la faire tomber au sol où il lui était plus facile de se servir.
 Le merle, plus agile a réussi à se percher sur les rubans de parc à bétail. Avec ses griffes acérées, cela ne doit pas être trop difficile. L'équilibre est toutefois un peu instable.
Moineaux et pinsons deviennent à nouveau voraces et se servent dans le plat. Par contre, ils ne sont pas trop habiles sur la mangeoire.
La compétition, commencée il y a des semaines, se poursuit...
 Bien sûr, ce sont les charbonnières qui sont les mésanges les plus fréquentes.
 Les bleues continuent à être, avec les nonettes, les exploratrices. A peine 10 mn après avoir réalimenté le plat, elles y sont et s'y installent même franchement.
 C'est sur la mangeoire qu'elles sont les plus habiles. Par précaution, j'ai allongé l'attache et elle se balance donc vraiment fort. Je me demande toujours comment un si petit oiseau peut entraîner, au décollage, la force qui engendre un balancement aussi intense.
Tout à l'heure, dans un jardin près de Strasbourg, ce sont 7 mésanges qui étaient en même temps autour de la mangeoire !
 Autre visiteuse toujours présente, la sittelle que je ne me lasse pas d'observer.
Elle n'est aps vraiment timide, mais le moindre mouvement dans la cuisine et...

Ce sont bien sûr des photos involontaires, le temps que le capteur soit actif, l'oiseau est déjà parti !

jeudi 23 janvier 2020

Le murmure de la forêt

Arte a passé en fin de semaine cet extraordinaire film qui raconte la vie cachée de la forêt. Encore accessible pour quelques semaines sur la plateforme Arte.tv, il repasse aussi dans la nuit du 29 janvier.
Une caractéristique du chêne le plus gros d'Europe m'a induite en doute : 5 m de diamètre. Ne pouvait-il y avoir erreur de traduction ou confusion entre diamètre et circonférence ?
J'avais en tête deux chênes connus et on était loin d'un tel diamètre.
 Le chêne du puits d'Enfer à Exireuil atteint 4 m de circonférence donc à peu  près 1,30 m de diamètre, impressionnant tout de même !


L'autre est le chêne Voltaire à Luttenbach près Munster qui malheureusement a été abattu pour des raisons de sécurité.

On raconte que Voltaire se serait abrité sous ce chêne lorsqu'il a passé quelques jours chez le Baron de Coubertin qui possédait une propriété dans ce village.  De toutes les façons, cela n'aurait pas été sous celui-ci car le chêne en question a été détruit en 1936 et on en aurait replanté un autre à proximité.
 Aujourd'hui, sa souche coupée et creuse est attristante ! Il aurait sans doute pu vivre encore très longtemps.
Pour en revenir au plus gros chêne d'Europe, le voici :
Rang Circonférence
(Année)
Nom Lieu Pays Âge
(Année)
Hauteur
(m)
Type Remarque Image
1 14,75 m (2006)
4
Chêne de Rumskulla Norra Kvill
(57° 44′ 05″ N, 15° 37′ 44″ O)
Drapeau de la Suède Suède 900–1 000
Source 
Avec ses presque 15 m de circonférence, il aurait donc à peu près 4,70 m de diamètre.
Le document de Wikipedia qui parle du chêne de  Rumskulla comprend quant à lui la confusion entre diamètre et circonférence !
Le plus gros chêne français n'apparaît qu'en 20e position avec tout de même 3,30 m de diamètre !
20 10,40 m (2002)
23
Chêne de Saint-Vincent-de-Paul Saint-Vincent-de-Paul Drapeau de la France France 700–800


mercredi 22 janvier 2020

Quilt météo

 Enfin, le patch météo est commencé, avec un choix simpliste : un seul bloc par semaine, un carré (température minimale) contenant un ovale (température maximale) orienté de façon variable.
Ce dernier, après différents essais, est collé sur vlieseline, coupé à vif et fixé par un point de grébiche dont la couleur indique l'écart à la normale : rouge quand la température maximale de la journée est supérieure à la normale 'moyenne 1981-2010), bleue quand elle est inférieure et jaune pour les journées dans la moyenne.
Voici les premiers relevés dans une vallée vosgienne et à Strasbourg-Entzheim. Les écarts de température à la normale ne sont donnés que pour cette deuxième station météo.
A titre de comparaison j'ai, pour Hohrod, relevé les températures de 2019
On peut d'emblée, par les couleurs, deviner que janvier 2020 est sensiblement plus chaud que 2019. L'écart frôle à certains moments +7° par rapport à la normale de la journée. Inquiétant pour la végétation, les parasites et les oiseaux...
Je viens de tomber sur un article de la Frankfurter Allgemeine Zeitung très intéressant. Voici les graphiques proposés par ses auteurs.  La charte de couleur correspond aux écarts aux températures moyennes mensuelles : de -3° en bleu foncé à +3° en rouge. Bleu pâle et jaune signifient que la température moyenne mensuelle est voisine de la normale.

Ecart aux températures moyennes : 
de 2000 à 2019 une forte dominante de couleurs chaudes et 1 seul mois en bleu foncé. 44 mois ont une température d'au moins 3° supérieure à la normale...


de 1980 à 1999, on voit nettement moins de rouge (24 mois).

de 1960 à 1979, le bleu pâle était fréquent traduisant des températures souvent voisines des normales. Seuls 8 mois avaient un écart supérieur à 3°


Ce dernier graphe illustre les années 1940 à 1960 avec des hivers où la température était souvent inférieure de 3° par rapport à la normale, en particulier au début des années 40. 14 mois ont une température inférieure d'au moins 30 à la norme, 6 ont un écart supérieur d'au moins 3°

Et l'on peut nier le réchauffement climatique ???



Un cadeau

Cette belle trouvaille n'est malheureusement pas renseignée en ce qui concerne la provenance. La croix bleue laisse supposer que c'est une petite fille catholique qui a brodé cet abécédaire.
 Le W n'est pas représenté, ce qui est habituel et, comme toujours, j'aime la petite erreur non corrigée : le Z  inversé dans les majuscules. Comment interpréter le signe qui succède à ce Z ? Et que signifie le double M présent en bout de ligne ?
 La nature -comme la tradition- est bien présente : trois arbres de vie et un sapin garni de ses boules rouges, sans oublier chien et oiseaux..


Enfin l'hiver ?

 Vers 500 m d'altitude, seul un peu de grésil a résisté, au creux des chemins,  sur les branches des sapins ou sur les coupes fraîches des conifères.
Les ailes d'un oiseau ont même laissé leurs traces, lors de l'atterrissage,  sur ce tronc coupé.
Un peu plus haut, c'est toutefois un paysage hivernal qui a réapparu après la fonte brutale de la semaine passée. Il ne fait toutefois pas très froid. A 1250 m, la température n'est guère tombée en-dessous de -5° au plus froid de la nuit.
Nous sommes loin, très loin de la dernière glaciation qui a touché les Vosges et dont la fin remonte à près de 11000 ans. Pourtant les traces sont innombrables.
J'ai découvert ce chaos rocheux, formé d'énormes blocs, à moins de 600 m d'altitude. Leur formation est caractéristique d'un climat de haute montagne - ou montagnes de haute latitude- alternant  gel et dégel qui agrandissent les diaclases dans les roches. La glace jouait le rôle de coins élargissant ces fissures et finissait par mettre les blocs en déséquilibre. On les retrouve partout dans les Vosges du Sud.
Les roches moutonnées et striées du lac du Fischboedle sont façonnées par le passage du glacier de cirque qui occupait l'emplacement actuel du lac, en contrebas du massif du Hohneck. Les débris de roches, contenus dans la glace, raient le fond rocheux lorsqu'elle se déplace.

Les périlleux éboulements qui bordent un côté du lac en sont une autre preuve. .

Vouloir faire le tour du lac suivant, celui du Schiessrothried, peut se révéler périlleux. Coincés entre les falaises, les éboulements de blocs et le lac, profond sur le côté ouest, il arrive souvent qu'on ne sache plus par où passer !
Source

La dernière glaciation a duré près de 60000 ans, 
(- 70000 à -11000 BP)

Comme on peut le voir sur la carte, dans les Hautes-Vosges, ce sont surtout des glaciers de vallée, prenant naissance dans des cirques glaciaires, à des altitudes assez basses. Ce sont ces cirques qui ont retenus des lacs que la construction de barrages a pérennisés. D'autres ont quasiment disparus, remplacés par des tourbières.