jeudi 30 avril 2020

Voir les couleurs...

Je parlais, il y a quelques jours des variantes de rouge. Voici, ce qu'avec l'aide de notre extraordinaire maquettiste, j'avais pu élaborer, après des heures de travail, pour illustrer l'article qui dans les Nouvelles, évoquait le rouge.

Il ne s'agit ici que des variantes retenues par la langue française. La question que l'on peut se poser est de savoir comment notre vision permet de distinguer des centaines, voire des milliers de nuances des différentes couleurs.
 L'ensemble oeil, nerf, cerveau est un outil fantastique mais dont les caractéristiques changent d'un individu à l'autre. Tout le monde connaît le problème des daltoniens qui, pour le type le plus connu, ne distinguent pas le rouge du vert. Beaucoup savent aussi que les chats n'ont pratiquement pas de vision des couleurs, ils voient le monde en nuances de gris..

Et puis, il y a les maladies qui, comme la fameuse DMLA (dégénérescence maculaire liée à l'âge) entraînent une perte plus ou moins importante de la vision, surtout de détail.

Voici une coupe schématique de la rétine.
La structure de notre rétine, membrane qui tapisse le fond de nos yeux, explique la perception de la lumière et des couleurs. Si les cellules bipolaires et les cellules ganglionnaires assurent fondamentalement la conduction des messages nerveux de l'oeil au cerveau, ce sont les cellules photoréceptrices ( cellules à cône et cellules à bâtonnet) qui assurent la naissance de ces messages.
Elles contiennent des pigments qui, sous l'action de la lumière, se modifient et provoquent ce message nerveux.
Les cellules à bâtonnet quant à elles sont responsables de la vision "en noir et blanc". Elles sont très sensibles à la lumière, même à très basse intensité. Leur nombre est plus important en-dehors de la toute petite partie centrale de l'oeil où dominent les cellules à cône. 
Et la rétine des chats contient essentiellement des cellules à bâtonnet d'où sa fantastique vision nocturne.

Voici la représentation en patchwork de ces cellules, oeuvre réalisée par une artiste suisse dont je cherche désespérément le nom. Si vous la connaissez, dites moi son nom svp, pour que je puisse compléter cette page !
Je l'ai rencontrée et j'avais admiré son courage. Comme moi aujourd'hui, elle souffrait à l'époque de cette terrible dégénérescence maculaire.
Un autre de ses quilts montre une coupe de la rétine, bien proche d'un schéma anatomique classique !

Agnès Varda, elle aussi m'a impressionnée. Quand elle a réalisé avec JR, en 2017, Visages Villages, sa vision était très fortement perturbée. Mais elle continuait à penser images, couleurs !

Je reviens aux cellules à cônes : elles existent presque exclusivement au niveau de la macula, petite zone centrale de l'oeil mesurant environ 5 mm de diamètre. On a pu montrer qu'elles étaient de trois types possédant chacun un pigment spécifique. Ces pigments réagissent à des longueurs d'onde, donc des couleurs différentes.
Source : http://www.daltonisme.com/loeil
 Les cellules à cônes sont donc responsables de notre vision des couleurs et c'est l'ensemble des radiations caractéristiques d'un objet qui permet à notre cerveau d'annoncer que cette tulipe est  d'un pourpre bleuté et non comme Eluard :

La Terre est bleue comme une orange

Là, c'est une autre partie de notre cerveau qui intervient !

Je reviens encore à l'oeuvre de cette artiste : son panneau illustre bien la vision en couleur  des cellules à cône et la vision que l'on dit crépusculaire des cellules à bâtonnet. Lorsqu'on regarde les étoiles, on nous conseille d'essayer de regarder juste à côté de l'objet lumineux et, c'est vrai, on le voit mieux !

Encore des couleurs qui, malgré le vert, me donnent depuis un moment l'envie d'en faire quelque chose. C'est ce que je vois régulièrement sur l'écran de mon ophtalmologue !


Un site de SVT donne une foule de renseignements sur la vision des couleurs et ses anomalies


mardi 21 avril 2020

Des rouges (3)

A quoi sont dues les couleurs dans la nature ?
La tête de ce flamant rose est plutôt rouge mais alors pourquoi certains sont-ils à peine roses voire grisâtres alors qu'il s'agit d'une seule et même espèce ? C'est dans leur alimentation qu'il faut chercher la réponse.
Connaissez vous le site de Futura qui est une mine d'informations scientifiques ?
Voici ce qu'il dit à propos de l'alimentation des flamants :
Il s'agit plus particulièrement d'une crevette (Artemia salina), elle-même rose, qui vit dans les eaux des lagunes et des étangs saumâtres. Grâce à son bec particulier doté d'un filtre, le flamant capture le petit crustacé, dont la couleur provient, pour lui aussi, de ce qu'il ingère, à savoir des algues unicellulaires de couleur rose. Celles-ci fabriquent et contiennent des pigments photosynthétiques (des caroténoïdes notamment, comme ceux retrouvés dans la carotte et de nombreux autres végétaux) qui seront ensuite transmis tout le long de la chaîne alimentaire !
Donc le flamant est rose parce qu'une algue microscopique est capable de fabriquer des pigments rouge orangé !
Source : saline-varan.blogspot.com/2010/02/
Ce sont d'ailleurs ces mêmes algues qui colorent par moments les marais salants.
Source : https://indigohierbas.es/el-alga-dunaliella-y-sus-propiedades/
Le pigment de cette algue va s'accumuler dans les cellules de la crevette puis dans les plumes du flamant dont la couleur dépend de la quantité de pigment ingéré. Et ce pigment provient d'une cellule végétale.

On peut donc s'intéresser maintenant aux végétaux et se demander ce qui explique leurs couleurs.
Cette photo vous rappelle-t-elle quelque chose vu au cours de la scolarité? Ce sont des cellules d'une plante aquatique, l'élodée du Canada. La photo avait été faite avec l'un des tout premiers APN accessibles, le Mavica dont j'ai déjà parlé et la photo pesait quelque 30 Ko. Et puis prendre une photo avec un microscope scolaire, ce n'était pas évident. Du vrai bricolage

Premier pigment, celui qui est visible dans les grains, à l'intérieur des cellules : la chlorophylle dont la concentration et la proportion de deux types de molécules va expliquer toutes les nuances de vert de la végétation.

Source :http://www.incertae-sedis.fr/
Et voici le deuxième pigment, un colorant soluble dans l'eau que tout le monde connait sans forcément le savoir, l'anthocyane.

C'est le colorant essentiel des choux dits rouges qui nous paraissent plus violets, voire bleus que rouges. Vous savez peut-être que l'astuce pour avoir un chou qui paraisse vraiment rouge à la cuisson, c'est. d'y mettre du vinaigre, donc une substance acide. En fonction de l'acidité des cellules, une plante va paraître plus ou moins violacée. Les feuilles extérieures sont bleu verdâtre à cause de la richesse en chlorophylle, molécule presque absente dans les feuilles de l'intérieur du chou. On arrive donc à comprendre tous les rouges de type carmin mais toujours pas de rouge vermillon...
Les tomates anciennes existent sous toutes sortes de couleurs : vertes, blanches, jaunes, oranges, violettes, indigo, noires. Il suffit de regarder un catalogue de graines.
Violet, indigo : l'anthocyane explique ces variétés. Pour les vertes, aucun pigment ne s'ajoute à la chlorophylle qui d'habitude disparaît à maturité des fruits.
Restent les autres couleurs : tout ce qui est rouge orangé s'explique par la présence des carotènes, ces pigments qui ont pris leur nom à la carotte.
Toujours d'après Futura :
Le β-carotène se trouve dans de nombreux végétaux : poivron, carotte, épinard, laitue, tomate, patate douce, brocoli, courge, abricot, petits pois....Le lycopène est un pigment qui est responsable de la couleur rouge des tomates (Solanum lycopersicum), à qui il doit son nom. Il est aussi présent dans d'autres fruits comme le pamplemousse. L'alpha-carotène, le bêta-carotène et le lycopène sont des précurseurs de la vitamine A. Les carotènes sont donc importants pour une bonne vue.
 Et le jaune ? dans la plupart des végétaux à fleurs jaunes, comme les primevères, la couleur est due à la présence de gouttelettes d'huile à l'intérieur des cellules mais aussi de pigments jaunes, les xanthophylles.
Quand les végétaux combinent dans des proportions différentes chlorophylle, lipides, carotènes, lycopènes, xanthophylles et anthocyane, en milieu plus ou moins acide, on obtient la presque totalité des couleurs, y compris le bleu dû surtout à l'anthocyane en milieu basique.
C'est un tout petit peu plus compliqué que la combinaison Jaune, Magenta, Cyan, les couleurs primaires d'un peintre, mais à peine plus.

Je reviendrai sans doute encore au rouge, ne serait-ce que pour parler du  projet de France  Ensemble malgré tout !

Des rouges (2)

Cette année, en ce printemps confiné, nous n'aurons pas droit à l'éclosion des hêtres pourpres le long de l'Ill.

 Avec la lumière, leur feuillage apparaît à peine rose orangé mais quelques jours plus tard, avec l'accumulation des pigments rouges, la couleur change totalement.

Par contre, au-dessus de notre fontaine, la vigne vierge (Ampelopsis veitchii) commence à se développer et comme il y a encore peu de chlorophylle, on peut supposer la présence de carotène et anthocyane, les pigments qui donneront à l'automne leur couleur flamboyante. Deux jours plus tard, les feuilles sont vertes, la chlorophylle cache les autres pigments.

Le long de la clôture, c'est l'autre vigne-vierge (Parthenocissus quinquefolia) qui devient, à cause de la disparition de la chlorophylle, une merveille à l'automne. Un avantage (ou un inconvénient) : elle forme des draperies qui ne s'accrochent pas au support.

Dans la véranda, les camélias, que je ne peux sortir tant que les gels menacent, n'arrivent pas à exprimer vraiment leur vraie couleur, notre toit filtre trop les ultra-violets responsables de l'intensité de la production de pigments. 
L'intensité de la couleur des fleurs de montagne est d'ailleurs due à ces mêmes rayons, très violents en altitude contre lesquels les plantes se défendent en accumulant des pigments. 
L'azalée est aussi relativement pâle et n'arrive jamais à être vraiment rouge sauf quand sa floraison est plus tardive et se fait dehors..
Et pour le reste, dans mon jardin qu'y a-t-il en ce moment ? 
 Des primevères
 Des roses de Noël presque passées


Des tulipes...
 Rouge mais quasi transparente au soleil.
 Presque du "vrai" rouge mais accompagné de jaune. Ou alors une tulipe dite "noire" et qui est plutôt pourpre.
Et celles-ci, roses foncé ou mauves ?
Cette dernière, à peine rosée, montre de près des veines plus intenses. On n'est donc plus dans les rouges et pourtant... Il va falloir se demander à quoi sont dues ces couleurs.

Des rouges...

Qu'appelle-t-on Rouge ? Vermillon, carmin, écarlate ou l'une des dizaines d'autres dénominations que nous avons donné à cette couleur ? 
Rouge vermeil, rouge fraise, rouge groseille, rouge sang, rouge coquelicot, rouge écarlate,  rouge cardinal, garance, rouge ponceau, rouge carmin, rouge vermillon, amarante, rouge cerise, rouge pivoine, rouge rubis, grenat, bordeaux, bourgogne, rouge cramoisi, rouge corail, rouge pastèque, rouge grenade, rouge tomate, rouge feu, rouge tomette, rouge brique, nacarat...
Pour la préparation d'un dossier du numéro 103 des Nouvelles, la revue de France Patchwork, j'avais été amenée à me plonger dans la recherche de cette couleur. Sur plus de 200 photos que j'ai prises, seules moins de 50, concernaient la nature. Les autres sont le fait de l'homme : Rouge, couleur hautement symbolique, signifiait dans l'antiquité, simplement COULEUR. Aujourd'hui, elle symbolise :
Mouvement, vitesse, puissance, royauté, pouvoir, sexualité masculine, érotisme, ténacité, individualité héroïsme, altruisme, sacrifice, amour, théâtralité, magnificence, ambition, action, énergie                  mais aussi les interdits, feu rouge, panneau de sens interdit, etc. 
Que penser du capot de cette 2 CV customisée ?

Je n'ai eu aucun mal à trouver dans mes réserves de quoi illustrer l'idée de rouge, sans même parler du nombre de livres de ma bibliothèque qui l'évoquent.


Et ce n'est qu'un tout petit échantillon !
Chez les végétaux :
 Dans la maison les cactus de Noël étaient rouges (Schlumbergera). 
 Au jardin, géraniums, groseilliers et pavots pouvaient le représenter.

Mais c'est au Togo et en Guyane que j'ai vu les couleurs les plus denses. 
J'ai oublié le nom de cette fleur.

Le roucou  ( Bixa orellana L.,)  forme des graines qui, séchées, donnent une cire riche en caroténoïde, un pigment orange. On l'utilise même en tant que colorant alimentaire (E160b), c'est lui qui est responsable de la couleur de la mimolette, par exemple.

Le rouge, je pourrais en parler sur des pages et des pages, donc à suivre....

Le coucou

Il y a 2 ou 3  jours, j'ai bien cru entendre enfin le coucou mais très loin. J'ai donc douté de moi.
Et puis, au cours du déjeuner sur la terrasse, un oiseau gris a passé au-dessus de nos têtes. Première réaction, un rapace gris, à longue queue, un épervier. Et puis non, les ailes sont trop larges et le vol ne colle pas.
L'idée du coucou émerge. Je n'en avais jamais vu en vrai. La recherche de photos élimine le doute. C'est bien lui.
 
Source : Kuckuck - Foto: Rüdiger Arp/www.naturgucker.de
Malheureusement il n'est pas resté dans nos forêts, on ne l'entend pas.
Par contre les palombes sont bien présentes. Depuis une dizaine d'années, elles sont bien implantées ici.


lundi 20 avril 2020

J'ai oublié du jaune


Autrefois, à côté de la maison, les fuites d'un captage rendait une partie du pré assez marécageuse, ce qui nous valait d'avoir de magnifiques massifs de calthas. J'ai longtemps cru que le fait d'avoir capté l'excédent de la source pour notre fontaine avait asséché le site et interdit à ces fleurs de se développer.
Seulement, près de la forêt, dans plusieurs clairières, on ne les trouve plus non plus. Pourquoi ont-ils disparu? Sécheresse depuis d'innombrables années ?
Heureusement, l'installation d'un bassin chez les enfants (une baignoire enterrée) a permis de planter différentes espèces dont justement les calthas que notre petit-fils vient de nous envoyer.

Alors, j'ai eu envie de retourner en Islande où ces fleurs sont légion.
 Les ruisseaux d'eaux issues des roches volcaniques sont ourlés d'or.
 Cygnes et garrots arlequins se plaisent dans les eaux froides d'origine glaciaire.
Pour moi, ces fleurs veulent dirent PRINTEMPS !


Pas de racinsme...


...chez les coccinelles. Voici la très belle photo que vient de m'envoyer l'une de nos filles.

samedi 18 avril 2020

Les osieaux

Depuis que nous ne donnons plus de graines, tout a changé : plus de mésanges noires, à peine de temps en temps une bleue ou une charbonnière dans le pommier, plus de sittelle et quand on voit des oiseaux, ils sont en vol ou à demi caché dans les arbres ou dans l'herbe.
Un couple de merles, perchés dans le pommier, n'arrêtaient pas de plonger vers le pré. Malgré la grande sécheresse (pas une goutte de pluie depuis bien avant le confinement) l'herbe a tout de même poussé et il n'était pas évident de les deviner à l'ombre de l'arbre.
Tout de même, le merle a été trahi par son bec et son oeil doré.
Les rouge-queue sont toujours présents mais moins excités que les jours précédents.
Avant-hier c'est un vol de 13 étourneaux qui s'est abattu dans le pré.
La plupart se sont contentés de picorer dans l'herbe et la terre sèche parcourue par les chevaux.

 Quelques-uns se sont tout de même perchés sur la branche supérieure du cerisier.
Les bandes de pinsons se sont éparpillées, seul un individu se pose parfois sur l'un des arbres morts.