Cela faisait plusieurs années que nous n'avions plus vu ces amanites en grand nombre. Cette année, après un été caniculaire et quelques généreuses pluies automnales, c'est une explosion de ces magnifiques champignons que nous avons découverte dimanche.
Blotti sous la mousse, une boule orange vif se dégage peu à peu.
Une heure plus tard, au retour, le champignon avait grandi et montrait bien son voile déchiré qui laisse sur le chapeau des verrues blanches en relief.
Souvent, et c'est la forme typique, des fragments de voile résistent sur le chapeau. Ils peuvent être délavées par une averse brutale, risquant ainsi de provoquer des confusions avec une autre amanite, celle des Césars ou oronge vraie, un excellent comestible très recherché par les amateurs.
Quelle chance a eu ce
photographe gourmet ! Bien que certains amis en aient parfois trouvés dans les Vosges, je n'en ai jamais vus. Leur pied et leurs lamelles jaunes devraient permettre de les identifier sans confusion possible avec les tue-mouches, même parfaitement débarrassées de leurs fragments de voile.
Les amanites tue-mouches portent leur nom car, dans certaines régions, on intoxiquait les mouches en faisant tremper un fragment séché dans du lait. La plupart des peuplades d'Europe du Nord et de Sibérie connaissaient ses propriétés hallucinogènes. Les guerriers Vikings aussi bien que les chamanes sibériens les consommaient. Il existe peu de traces de cette utilisation en Europe occidentale, même si on prétendait que les "sorcières" médiévales la mangeaient pour communiquer avec les démons.
Quelle élégance, quelque soit sa forme !
Même vieilles et desséchées, elles restent belles.