lundi 29 juin 2020

Après la pluie

Les averses se succèdent depuis hier soir et un rayon de soleil m'a attirée au jardin. Je voulais photographhier les gouttes de pluie accumulées dans un lis.
 Il y a très longtemps, j'ai failli abandonner la culture des lis et pourtant ce sont des fleurs qui me plaisent beaucoup. Leurs bulbes plaisent malheureusement aussi aux mulots et je les perdais parfois avant la première floraison. Et puis un jour j'ai lu un petit livre d'un auteur allemand, Jürgen Dahl, qui met en scène des jardiniers passionnés, parfois en compétition. C'est là que j'ai découvert que l'on pouvait cultiver les lis en pots et, depuis des années, les mêmes bulbes se développent et même fleurissent quand les répugnantes larves d'un insecte rouge ne dévorent pas feuilles et bourgeons. C'est le criocère du lis et contre lui, je n'ai pas trouvé de parade, en dehors du fait d'éliminer adultes et larves... Comme les larves se cachent sous leurs propres excréments, ce n'est pas très appétissant.
 Cette année, ms lis ont été gâtés, pas un seul de ces coléoptères en vue ! Hier je craignais de rater leur floraison mais ce matin, chaque pot a au moins une fleur épanouie.
D'autres amateurs semblent moins gourmands et pourtant intéressés : une mouche s'agrippe au filet d'une étamine. Aucune idée de l'espèce dont il s'agit, il y a tant d'insectes qui ressemblent aux mouches classiques de nos maisons... On compte plus de 70 000 espèces de diptères, ces insectes à une seule paire d'ailes !
On devine ses deux petites antennes, ses gros yeux mais ce qui est très particulier c'est sa trompe qui s'élargit à la base et lui permet d'aspirer les liquides sucrés dont elle raffole. Certains de ces diptères jouent un rôle important dans la pollinisation, les syrphes dont il existe plus de 500 espèces rien qu'en France. Les rayures jaunes visibles sur leur dos les font souvent baptiser fausses guêpes.
On les voit partout ce matin, ici dans une onagre.
 Celui-ci, montré il y a peu, a des rayures continues.


Ceux vus ce matin dans des roses ont, au contraire, une ligne longitudinale noire qui recoupe les rayures. Il font partie du groupe des syrphes que l'on dit ceinturés.

D'autres diptères, comme celui posé sur un pavot, ressemblent davantage à la mouche domestique.

Ensemble malgré tout !

Une rose pour la fin du confinement ...
J'avais évoqué il y a quelques semaines les blocs du challenge de France Patchwork, voici enfin le quilt terminé.
C'est la découverte d'un batik artisanal jaune et orange qui m'a débloquée. Ce tissu est assez raide, suffisamment pour que l'aiguille de la MAC traverse avec une certaine difficulté. J'ai donc décidé de ne pas mettre de molleton, de transformer le panneau en petite nappe (90 x 90 cm) et d'utiliser le batik en tant ue doublure pour donner de la tenue à l'ouvrage.
Je reste partagée sur l'association de ces blocs aux couleurs mal assorties mais, après tout, ces presque 4 mois ont été bizarres et cette discordance illustre assez bien ce que nous avons vécu, plutôt isolés dans notre village. J'ai choisi de ne pas ordonner les blocs chronologiquement : ne sachant que faire des bleus, turquoise et verts, je les ai groupés en haut. Le jaune et l'orange encadraient bien ma rose. Il restait pour la fin, les tons roses, rouges et violets. Ce qui frappe, maintenant que le quilt est assemblé, c'est la différence flagrante entre les 8 blocs qui sont pourtant montés à partir d'un seul et unique sous-bloc simple, un carré bicolore bordé, à angle droit, par deux bandes. Quatre de ces carrés sont associés pour chaque couleur.
Faire des photos n'a pas été évident ce matin. Tout était détrempé après les averses de la nuit, on voit d'ailleurs que les pieds de camomille que je laisse se resemer à travers le jardin sont complètement abattus.

jeudi 25 juin 2020

Voir

Un livre a attiré mon attention lors d'une émission radiophonique. E. Quin, animatrice de l'émission 28 mn sur Arte, y parlait de l'évolution de son double glaucome et de la perte progressive de sa vision.
Un livre autobiographique passionnant, émouvant ; une fantastique richesse littéraire, historique et cinématographique.
Hasard de sauvegardes, je suis tombée sur une série d'images que j'avais faites bien avant de connaître mon propre problème. Sortant d'un gros ennui de santé, j'avais suivi le conseil d'une amie et pris rendez-vous chez une praticienne agissant sur l'énergie. Sceptique, mais pourquoi pas...
Impressionnée tout de même par la lecture faite par cette personne de certains épisodes très particuliers de mon passé alors que je débarquais, inconnue et qu'aucune question n'était posée.
Lors de l'une des séances, une image s'est imposée à moi, couplant à la fois un fond obscur et un réseau de couleur bleu-violet très intense.
Comment décrire cette image ? Un souvenir s'est imposé à moi : une oeuvre d'une merveilleuse artiste, Martine Molet Bastien, "Embrasser les changements". C'est elle qui m'a permis de traduire cette sensation.

 Un petit extrait et un traitement d'image m'a permis de reproduire l'esprit de ce que j'avais vu, en tous les cas quelque chose de très sombre.

Depuis quelques années, maintenant, je me réveille tous les jours avec les taches qui obscurcissent ma vision. Inspection régulière, la partie sombre s'est-elle agrandie ? La partie lumineuse correspondant à la zone de la macula vivante ne s'est-elle pas réduite ? Après les injections y-a-t'il une amélioration ? Toujours une certaine inquiétude avant que la lumière plus forte n'efface provisoirement les taches.


lundi 22 juin 2020

Problèmes de vue ...

A quelques jours de la deuxième opération de la cataracte, je me rends de plus en plus compte que le manque de contraste me handicape vraiment. Désherber un semis est devenu presque impossible. Si la vision de près est problématique, de loin, cela va plutôt bien. Toutefois, quand il s'agit d'identifier, sans jumelles, un oiseau au sommet d'un vieux pin brisé, c'est nettement plus compliqué !
En forêt, j'entends un martèlement discret et en même temps un chant mélodieux sonore. Un petit oiseau bouge tout là-haut, une vague silhouette. Ce doit être mon chanteur et comme il reste sur sa branche, je tente le coup de le photographier, sans espoir car avec le soleil, il faut que j'utilise le viseur. Impossible de zoomer, sinon je n'arrive pas à le localiser et bien sûr le résultat est aussi décevant que prévu.
 Quand on le sait, on peut le deviner, à gauche du tronc, sur l'avant-dernière branche. Il y a pourtant des choses à faire. D'abord extraire un détail.
Alors là, impossible de ne pas reconnaître le bec d'un pic ! Je me suis trompée de taille et d'oiseau, ce n'était pas mon chanteur.
Nouvelle extraction et agrandissement de l'image (x 150%) accompagnés d'un éclaircissement.. C'est bien sûr une mauvaise photo mais l'oiseau se précise. On devine bien le noir et blanc. Donc pic épeiche ou pic mar.
Encore une extraction et un agrandissement, la photo est de plus en plus floue mais la répartition des couleurs est plus franche et on commence à deviner une calotte vaguement rouge. La puissance du bec me fait pencher pour le pic épeiche plutôt que le pic mar.
Pour moi, la photgraphie est vraiment une aide à la vision de détail !

vendredi 19 juin 2020

Activités de confinement

Je n'ai guère pensé à parler de mes activités de couture, au-delà de la réalisation de masques et du quilt du challenge de France Patchwork. J'ai profité de cet isolement pour utiliser des blocs coupés ou orphelins.
 Le premier était une couverture de prématuré, miniquilt, rapide à réaliser, d'autant qu'il devait être assemblé et quilté à la machine afin de pouvoir résister aux lessives nécessaires pour les stériliser souvent. Les carrés,  coupés depuis de très nombreuses années, étaient les restes d'un immense couvre-lit cousu par l'une de mes filles. Comme elle a changé d'avis et intégré des carrés roses, il restait des dizaines, pour ne pas dire des centaines, de carrés.
En fait, le miniquilt était le deuxième de la série. Voici le premier, associé à l'une de ses poupées, bleue elle-aussi.
 Le troisième est une petite couverture, toute simple. Je voulais, avant de l'offrir, la marquer de la trace de ce coronavirus. J'aurais pu l'appeler covid-20 mais je me suis contenté d'y broder une série de croix rouges évoquant les glycoprotéines portées par la surface du virus.
Source
Et il me reste encore des carrés !!!

Une découverte

Les asperges sont une des cultures réputées en Alsace. Enfants, nous n'avions pas droit à la mayonnaise, seulement au beurre fondu et je détestais cela. La cuisson à l'eau était relativement longue et les asperges assez molles.
C'est à Bad-Nauheim, ville allemande de Haute-Hesse, que nous avons dégusté les asperges croquantes, presque crues. Un vrai délice ! Cette année, en plein confinement, j'ai appris à les cuire comme cela mais, grâce à une émission de le télé, la recette a encore été modifiée: Asperges à la poêle, cuites une dizaine de mn dans un mélange de beurre et d'huile.
Couvertes de copeaux de parmesan et associées à des pommes de terre cuites au four, c'était un repas de fête.

jeudi 18 juin 2020

Abandonné

L'un de mes grands rosiers, 'Neige d'avril', était en train de défleurir après nous avoir gâtés pendant des semaines.
 J'en parle souvent car c'est l'un de mes favoris bien que non remontant. Ce rosier liane, planté à la fin des années 80, a très peu d'épines et demande un minimum de taille. Seulement, au bout de quelques années, le bois mort est devenu très important et là, il faut prendre son courage à deux mains ! Scie, sécateur perroquet et beaucoup de patience...
La clématite, entremêlée venait de défleurir et la cour était couverte d'un tapis de pétales brunâtres. Leur élimination représente en temps normal le travail le plus chronophage !
Les branches démesurées m'avaient empêchée d'installer mes géraniums à la mi-mai. Il fallait donc que j'attaque et que je découpe ces mètres de rosiers. 
Surprise : un nid vide, visiblement jamais utilisé était incrusté dans les barres des supports. Comment faire ? Il était vraiment très mal placé. Je n'avais guère le choix. Avec beaucoup de précaution j'ai démêlé la base du nid, heureusement formé par de la mousse ce qui facilitait le travail. La construction était parfaite, les herbes soigneusement entrelacées, l'intérieur bien lisse.
 Ce que j'ai fait ensuite ne servira sans doute à rien du tout. J'ai placé mes bacs à fleurs et réinstallé le nid entre deux.
Sur la gouttière, près de la cuisine, un oiseau avait construit un nid identique, peu avant le confinement, il n'a jamais été occupé. Un merle ?
Un blog raconte fort bien la construction du nid des merles. Allez le voir, les photos sont très belles et "le jardin de Lucie" révèle des merveilles..

L'année dernière, j'ai, sans le vouloir, arrosé deux jeunes moineaux, prêts pour l'envol mais encore installés dans le nid que ses parents avaient construits directement dans le bac à géraniums ! Plus de peur que de mal, apparemment puisqu'ils se sont envolés le lendemain. Le nid était très fragile, une simple boule d'herbes lâches qui se démontait facilement, très différent donc de mon nid inconnu..

Le soleil revient

Ce matin, grand soleil, et la sarabande des moineaux a repris entre rosiers et prunier. Dans l'un des rosiers, je perçois un mouvement.
Pas facile à voir de qui il s'agit mais en zoomant, je découvre un jeune moineau qui est resté immobile pendant un instant.
Le vent se lève par moments et les pétales du pavot le font ressembler à un papillon en vol.
Je découvre, en regardant de plus près, que les insectes s'activent toujours autant.
 Ce qui m'intrigue, c'est que les abeilles ne portent pas de "culotte" et donc ne récoltent pas le pollen qui est abondant. Elles semblent vraiment chercher le nectar. Je m'attendais à trouver, au moins en Autriche, du miel de pavot. En fait, le seul que j'ai repéré, baptisé "Mohnhohnig", ne comprend que 20% de miel de pavot mais 80% de miel de colza !
 D'autres oiseaux se manifestent. Les insectes doivent être abondants. Il est vrai que les vaches sont juste à côté de la maison et les mouches harcèlent aussi bien les animaux que nous...
 Les bergeronnettes sont de retour et suivent les vaches pas à pas. On comprend bien leur nom de Hochequeue.
 Les chardonnerets sont aussi arrivés.

mercredi 17 juin 2020

Quel mauvais temps !

Depuis quelques jours, le beau temps nous a fui et les averses se succèdent. Pour l'instant on a échappé à la grêle mais, pour les cerises, c'est le pire moment.
Parfois, un rayon de soleil donne naissance à un timide arc-en-ciel.
C'est à peine si je le devine sur ma photo ! et puis après, c'est la grosse averse.
Quand enfin on peut tout de même monter en forêt, les oiseaux qu'on n'entend guère près de la maison, entament leurs concerts. Ce n'est que très rarement que je les aperçois, quant à les photographier pour les identifier, n'en parlons pas ... sauf que dimanche, au jugé, sans rien voir dans mon viseur et sans zoomer pour avoir le maximum de chances, l'un d'entre eux a apparu sur mon écran. Peu visible, bien sûr, il a fallu éclaircir l'image mais je ne suis guère plus avancée.
 Un peu plus petit qu'un moineau, des couleurs brunâtres, un bec très fin et un chant très sonore, assez mélodieux mais répétitif. Une fauvette ?
En forêt, grâce à la Salamandre, je sais maintenant identifier de façon certaine le pouillot véloce que l'on entend toujours, plus quelques rares autres.
Bien sûr là il ne s'agit pas d'oiseaux, et pourtant on a le sentiment de voir voler devant soi, tout un groupe d'oiseaux. Il s'agit d'une des fougères les plus fréquentes chez nous, la fougère aigle.
La fougère aigle (Pteridium aquilinum syn. Pteris aquilina), grande fougère ou porte-aigle porte bien son nom puisque cette vivace vigoureuse est de taille imposante et se développe grâce à ses rhizomes traçants. Extrêmement rustique (-35°C), elle se rencontre un peu partout dans le monde et, en France, elle couvre souvent de vastes surfaces en bordure de forêt, en sous-bois, dans les clairières ou coupes de bois ; sous ses frondes se cachent de nombreux petits animaux.
L'une des plus fréquentes est celle-ci qui forme des touffes qui s'étalent même à l'ombre. C'est celle que l'on appelle souvent la fougère femelle, bien que ce nom ne signifie rien quand au sexe des fougères. Celles-ci se reproduisent par des spores qui donnent, en germant, naissance à un petit organe, le prothalle. C'est lui qui produit des cellules reproductrices mâles et femelles dont la rencontre crée un oeuf, origine d'une nouvelle fougère.
Près de la base de cet arbre, une fougère s'est développée dans une crevasse de l'écorce.

Danse du feu ou danse des sylphes ?

J'ai souvent parlé de ce rosier 'Danse du feu' qui poussait à côté de ma cuisine. Il faisait ce jour là, le même temps qu'en ce moment. Ce rosier a été déménagé pour cause de travaux mais il a merveilleusement repris au bas du jardin.

Que ce soit entre les camomilles ou associé aux pavots, il fait toujours merveille.
En vase, il a une tenue extraordinaire et son parfum qui s'accentue au soleil ou le soir est très agréable.
Ses tige souples sont parfaites pour de petits vases mais ne se prêtent pas à de grands bouquets ce qui ne me gêne pas du tout. J'aime les petits bouquets que l'on peut placer partout.
 La fleur a une merveilleuse couleur rouge très dense, même quand elle est sur le point de s'effeuiller.

Avec toutes ces qualités, il était clair qu'il fallait que je le retrouve pour le mettre à côté de la cuisine. Hélas, impossible de le trouver dans les catalogues actuels. Enfin je le repère en ligne chez un de mes producteurs préférés qui, comme André Eve, m'a toujours livré des rosiers de très grande qualité.
https://www.davidaustinroses.co.uk/danse-de-feu
Super ! je passe ma commande et je suis livrée très vite. Mon rosier trouve sa place, un peu étroite : les maçons ont été trop généreux alors j'ai dû bien recreuser les cailloutis bétonnés, heureusement assez friables...
Il y a quelques semaines, après avoir beaucoup souffert des pucerons, le rosier nous donne sa première grappe de fleurs.
Les fleurs semblent bien claires, plutôt géranium que ce rouge profond de 'Danse du feu' mais les longues tiges souples qu'il a fallu attacher et la forme de la fleur lui ressemblent bien.
 A mesure que les fleurs évoluent, la couleur s'éloigne de celle attendue et, vers la fin, elles affichent une couleur rose carminée ! Impossible que ce soit 'Danse du feu' !

 Un souvenir émerge.
Si 'Danse du feu' est une création de l'obtenteur français Charles Mallerin, en 1953, celui-ci a aussi créé, en 1959, à partir de ce dernier, un rosier qui a hérité de certains gènes, 'Danse des Sylphes'.
Orange or orange-red Large-Flowered Climber.

Registration name: MALcair
Exhibition name: Danse des Sylphes
Bred by Charles Mallerin (France, 1959).
Climber, Floribunda, Cl., Large-Flowered Climber.  
Orange or orange-red.  Flowers rich red suffused geranium-red. 

Average diameter 2.5".  Medium, double (17-25 petals), cluster-flowered, in small clusters, globular bloom form.  Blooms in flushes throughout the season.  
https://www.helpmefind.com/rose/
‘Danse des Sylphes /MALcair /’Grimpant Danse des Sylphes’ = Grimpant à grandes fleurs… robuste grimpant…Presque sans parfum mais relativement remontant… bon sarmenteux érigé, au feuillage sain, sombre et luisant… Mallerin, 1959.
Il me semble vraisemblable qu'il y ait eu, quelque part, une erreur d'étiquetage et que c'est ce dernier qui m'a été livré ! Aucune importance s'il se plait ici puisque 'Danse du feu' est toujours là...